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LA NOUVELLE LOI ET SON APPLICATION

Des milliers de pitbulls hors-la-loi dès demain

Des milliers de pitbulls en France seront hors-la-loi demain, pour n'avoir pas été stérilisés dans les délais prévus par la loi, alors qu'un décret d'application prévoyant tout un arsenal répressif vient d'être publié au Journal officiel.

La stérilisation de tous les pitbulls en France est en effet imposée par un texte réglementaire du 6 janvier 1999, qui laissait une durée d'un an aux propriétaires pour mettre leur animal en conformité. Cette loi avait été réclamée à plusieurs reprises après une série d'accidents dans lesquels des molosses étaient parfois assimilés à des armes par destination. « Les vétérinaires n'ont pas noté d'augmentation des stérilisations. Le comportement des maîtres n'a pas changé. Pourtant, l'Ordre a fait une information active auprès des vétérinaires. Mais il faut encore que les maîtres viennent faire stériliser leur chien », explique le docteur Véronique Bianchetti, vice-présidente de l'Ordre supérieur des vétérinaires. « On pas noté d'accroissement des demandes de stérilisation », confirme le docteur Jean-Pierre Kieffer, secrétaire général du Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral (SNVEL).

Une frontière floue

Résultat, un an après le lancement de la campagne nationale de stérilisation dont le but affiché est l'éradication des pitbulls en dix ans, le laxisme - volontaire ou non - de milliers de maîtres, les place de facto à partir de demain en infraction. De surcroît, un décret publié au Journal officiel du 30 décembre dernier, vient permettre aux policiers, un an après la publication de la loi, d'infliger des amendes pour toute une série d'infractions liées aux pitbulls (voir encadré). « Jusque là, on n'avait pas cet outil répressif. C'est ce qui nous manquait », confie le lieutenant Marc Forest, de l'Unité cynophile de la préfecture de police de Paris. Reste que pour la majorité des policiers, selon les professionnels de la gent canine, la frontière entre « pits » et « non-pits » reste floue. « A cause de cette ignorance, une de mes clientes qui possède un bull terrier est passée au tribunal », relate le docteur Christine Debove, vétérinaire auteur d'un mémoire sur les chiens dangereux. Plus précisément, l'article 211-1 (du 6 janvier 1999) du code rural vise deux catégories de chiens « susceptibles d'être dangereux » : les chiens « d'attaque » et ceux « de garde et de défense ». La stérilisation, obligatoire pour les premiers, ne l'est pas pour les seconds. Plus précisément, relèvent de la première catégorie les animaux « assimilables par leurs caractéristiques morphologiques » aux chiens de races Staffordshire terrier, American Staffordshire terrier communément appelés « pitbulls » et aux Mastiff (« boerbulls ») et Tosa, « qui ne sont pas inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministre de l'agriculture et de la pêche ». Dans la catégorie « chiens de garde ou de défense », on trouve les chiens de quatre pures races (Staffordshire terrier, American Staffordshire, Tosa et Rottweiler) et les Rottweiler sans pedigree et bâtards de Rottweiler.

© Dernières Nouvelles D'Alsace, Mercredi 5 Janvier 2000.

Les vétérinaires plutôt sceptiques

OUTRE LES CHIENS incriminés, les vétérinaires, censés les opérer et concernés au premier chef par le texte, ne semblent pas convaincus par l'application de la loi sur la stérilisation des chiens dits dangereux. « Depuis le 6 janvier, raconte le docteur Francis Collignon, vétérinaire dans le Bassin creillois, seuls deux propriétaires de pitbulls ont pris rendez-vous pour leur faire subir l'intervention. L'un ne s'est pas présenté, et l'autre a abandonné le projet pour raisons financières. Il est vrai qu'une telle opération coûte entre 800 F et 1 000 F. Ajoutés aux autres obligations que prévoit la loi (tatouage, vaccination antirabique), la facture peut monter jusqu'à 1 500 F. Or, bien des possesseurs de pitbulls sont des gens modestes, et ce n'est pas forcément eux que l'on voit dans les cliniques. » Quelques kilomètres plus loin, l'un de ses confrères, le docteur Gérard Delahaye,confirme ces propos et avance d'autres arguments : « Il est difficile, si l'on n'est pas un professionnel, de distinguer exactement la race de ces chiens dits dangereux. Or, tous ne sont pas visés par cette loi. De plus ­ et je ne suis pas le seul praticien à le penser ­, les pitbulls sont certes extrêmement puissants mais aussi très gentils et dociles. Si certains sont agressifs, c'est parce que leur propriétaire l'a voulu ainsi. Ce texte serait très bon s'il était applicable. Mais j'en doute. Et je crains les dérives : cela ne m'étonnerait pas si l'on voyait fleurir d'ici peu de faux certificats ou de faux pedigrees… ».

Bénédicte Agoudetsé, Le Parisien, Janvier 2000

Un temps de chien

Le Dr Matthieu Drion, président du syndicat des vétérinaires du Bas-Rhin, réagit à l'entrée en vigueur, le 6 janvier, de la loi relative aux chiens d'attaque, qui impose leur stérilisation.

- La nouvelle loi impose aux propriétaires de chiens de catégorie 1 (1), comme les pitbulls, de stériliser leur animal. Votre clinique a-t-elle reçu des demandes de stérilisation ? - Non. Nous n'avons reçu aucune demande de stérilisation dans le cadre de cette loi. Les gens ne me semblent pas très informés. Et d'une manière générale, peu de propriétaires viennent chez le vétérinaire. - Etes-vous favorable à la stérilisation des chiens d'attaque ? - La stérilisation d'un chien ne supprime pas son agressivité, ce qui n'est pas le cas de la castration. Or la loi n'impose que la stérilisation. Je suis assez sceptique sur la stérilisation. Ce n'est pas la race d'un chien qui crée le problème, c'est le propriétaire. Je crois que le problème est pris à l'envers. On peut très bien rendre un caniche méchant. Dans le temps, c'était les dobermans. Or personne n'a fait de loi contre les dobermans. Les pitbulls sont dans 98% des cas des chiens gentils comme tout. Je n'ai jamais été confronté à des problèmes d'agressivité. Dans son ensemble, j'accueille favorablement cette loi. Il fallait légiférer. Mais certaines des mesures existaient depuis longtemps, comme la tenue en laisse, le port de la muselière, le tatouage, etc. - Est-il facile d'identifier un chien d'attaque ? - C'est difficile, en raison des croisements qui sont de plus en plus fréquents. Ce n'est pas évident du tout. Il y a de plus en plus de propriétaires de rotweillers, qui peuvent devenir aussi agressifs que les pitbulls, voire plus dangereux, car ils pèsent le double ou le triple. L'intimidation se fait davantage avec des rotweillers qu'avec des pitbulls. - Croyez-vous que la nouvelle loi soit applicable ? - Si elle l'est tant mieux, mais je crois que jamais cette loi ne sera appliquée.

(1)Les chiens d'attaque, comme les pitbulls, relèvent de la catégorie 1. Les chiens de garde ou de défense, à l'image des rottweilers, relèvent de la catégorie 2.

Propos recueillis par Frank Viard © Dernières Nouvelles D'Alsace, Jeudi 13 Janvier 2000

EXEMPLE D'APPLICATION

Mille francs d'amende pour un pitbull sans muselière, encore mille francs s'il se trouve dans un autobus : les molosses en infraction coûteront désormais cher à leur maître. Depuis le décret paru le 30 décembre dernier, ne pas avoir déclaré en mairie son « pit » coûtera à son propriétaire - s'il est contrôlé - une contravention de quatrième classe (5.000 F). Détenir un « chien d'attaque » (première catégorie) dans les transports en commun ou les lieux publics (sauf voie publique) sera puni d'une amende de deuxième classe (1.000 F). Les chiens de deuxième catégorie (« chiens de garde ou de défense ») seront admis dans les lieux publics, mais muselés et tenus en laisse. En cas d'inobservation de l'une de ces deux conditions, la contravention sera aussi de 1.000 F. Par exemple, le maître d'un « Staff américain » sans pedigree (c'est-à-dire d'un pitbull) n'aura pas le droit de laisser stationner son molosse dans les parties communes d'un immeuble. Mais le même animal de race pure (deuxième catégorie) y sera autorisé, s'il est tenu et muselé. « A tout moment, le récépissé de déclaration ainsi que l'attestation d'assurance et le certificat de vaccination antirabique en cours de validité doivent pouvoir être présentés aux forces de l'ordre sous peine d'une amende de troisième classe (3.000 F) », impose également le récent décret. Pour obtenir le récépissé de déclaration, qui doit être conforme à un modèle paru en annexe du texte de loi, le maître d'un chien de première catégorie devra présenter à la mairie un document délivré par un vétérinaire prouvant qu'il a été stérilisé. Enfin, les personnes mineures ou possédant un casier judiciaire sont interdites de pitbull.

© Dernières Nouvelles D'Alsace, Mercredi 5 Janvier 2000.

CREATION D'UNE BRIGADE CANINE SPECIALISEE

DEPUIS LE 6 JANVIER, une nouvelle loi est entrée en vigueur concernant les chiens dangereux. Elle oblige les propriétaires de ces chiens classés comme « chien d'attaque » à stériliser leurs animaux. « Le but de cette mesure est bien sûr d'éviter la prolifération de ces bêtes », explique Yves Monard, commissaire divisionnaire. Lors des contrôles de routine effectués par les patrouilles de police, les propriétaires doivent fournir un certificat de stérilisation délivré par le vétérinaire qui a pratiqué l'intervention. « C'est un délit si l'opération n'est pas effectuée. Les contrevenants risquent 6 mois de prison et 100 000 F d'amende », poursuit le commissaire. Dans l'Oise, il est encore trop tôt pour dire comment ce nouveau texte sera appliqué. « Il faut que nous en discutions avec les mairies pour mettre tout cela en place. » Les conditions d'application de la loi ne paraissent pas évidentes. En effet, dans l'Oise, il n'y a pas de brigade spécialisée « anti-chiens dangereux », comme c'est le cas dans d'autres départements. Les policiers sont obligés de faire comme ils peuvent. « A Beauvais, ce sont les patrouilles classiques qui effectuent les contrôles », poursuit le commissaire. La maîtrise d'un animal aussi dangereux qu'un chien d'attaque nécessite au moins l'usage d'un matériel spécialisé. « Nous essayons de faire le plus doucement possible. Nous demandons parfois le concours des pompiers qui sont un petit peu plus équipés », confie Yves Monard. Le souhait de la police est de mettre en place une véritable unité spécialisée, basée à Beauvais, pour assurer ce genre d'opération. Cette absence de corps spécialisé rend l'identification de ces chiens et l'évaluation exacte de leur nombre très difficiles. « Les animaux ne possèdent pas comme les voitures de plaques d'immatriculation repérables de loin. Nous connaissons certains chiens qui sont régulièrement contrôlés. Nous obligeons les maîtres à tenir les chiens en laisse et à leur faire porter une muselière. Si ce n'est pas le cas, nous verbalisons les propriétaires en leur infligeant une amende de 75 F. »
Julien Constant, Le Parisien, 19 janvier 2000

LA CHASSE AUX SORCIERES EST OUVERTE.....

COLMAR - Un chien de défense sauvé de l'euthanasie

Le tribunal de grande instance de Colmar avait ordonné l'euthanasie d'un chien de défense confisqué à un propriétaire mineur. L'animal a été sauvé en appel.

Un mineur de 16 ans avait été contrôlé, le 7 décembre 1999, par la police alors qu'il se promenait dans Colmar en compagnie de son american staffordshire terrier. La loi du 6 janvier 1999 sur les animaux dangereux interdit aux mineurs la détention d'un chien de première (chiens d'attaque) ou de deuxième catégorie (chiens de garde et de défense). Le propriétaire en infraction encourt trois mois d'emprisonnement et 25 000 F d'amende. Le chien avait été placé à la SPA de Colmar en attendant une décision sur son sort. Mais le 23 décembre 1999, une ordonnance du président du tribunal de grande instance demandait l'euthanasie du chien. Représentée par Me Nico, la SPA a fait appel de la décision. Selon le code pénal (art 99.1), le président du tribunal de grande instance ou le premier président de la cour d'appel peut ordonner de céder l'animal à titre onéreux, de le confier à un tiers ou en dernier ressort d'autoriser son euthanasie, avant que tribunal ait statué sur l'infraction, si les conditions de placement du chien sont susceptibles de le rendre dangereux ou de mettre sa santé en péril. « Chien joueur »

Mais en première instance les services vétérinaires départementaux avaient rendu un avis favorable à l'euthanasie sans examen préalable de l'animal. En appel, la SPA a présenté les certificats de trois vétérinaires établissant que le jeune chien, au comportement joueur, est en bonne santé et n'a à aucun moment montré des signes de déséquilibres ou d'agressivité. Les conditions d'application de l'art 99.1 du code pénal, n'étant pas remplies, la cour a estimé qu'il n'y avait pas lieu d'euthanasier le chien. Agé de un an, l'animal devrait être assez rapidement placé chez sa nouvelle propriétaire. « Le seul tort de ce chien était d'avoir été détenu par un mineur. Cet animal n'était pas agressif, un chien ne naît pas agressif » souligne Me Nico, qui est également membre de la SPA. Cette décision de la cour intervient au moment où se pose le problème du devenir des chiens retirés à leur maître en infraction. Si la SPA peut placer des chiens de garde et de défense qui lui sont confiés, la loi ne lui permet pas de vendre ou de céder les chiens d'attaque. Seule une décision rendue par le maire ou le tribunal peut autoriser une cession d'un chien de première catégorie. La SPA de Colmar a donc décidé de ne plus accueillir dans sa fourrière des chiens d'attaque. « Nous ne pouvons pas normalement nous dessaisir de ces animaux au profit de tiers. C'est inconcevable. Nous ne sommes pas les gardiens d'un couloir de la mort », clame Bernard Nico. En attendant l'éventuelle construction d'une nouvelle fourrière, la ville de Colmar pourrait confier les chiens dangereux à un professionnel d'Aspach agréé et équipé pour les recevoir.

Jen-François Clerc, © Dernières Nouvelles D'Alsace, Samedi 29 Janvier 2000.

BEAUVAIS - CHIENS DANGEREUX « Un pitbull m'a sauté à la gorge »

UN AN JOUR pour jour après le premier procès, Louise Avit, une retraitée de soixante-huit ans, n'a toujours rien perçu des dommages et intérêts qu'aurait dû lui verser le propriétaire du pitbull qui l'avait attaquée. « Il faut vraiment faire quelque chose. Aujourd'hui, quand je sors, j'ai peur des gros chiens », raconte-t-elle en se rappelant comment, le 3 juin 1998, un pitbull lui a sauté à la gorge alors qu'elle se rendait tranquillement chercher de l'argent, rue Jean-Jacques-Rousseau dans le quartier Saint-Jean, de Beauvais,. « Je n'ai eu que le temps de mettre mon bras pour me protéger », explique-t-elle. Le molosse, qui se promenait dans la cour des immeubles sans laisse ni muselière, l'a cruellement mordue au bras gauche. Alerté par ses cris, le propriétaire, un jeune homme de vingt-deux ans, est intervenu pour faire lâcher prise à l'animal. « Il m'a dit que je pouvais bien faire ce que je voulais », poursuit la victime. Soignée au centre hospitalier de Beauvais, Louise sort des urgences avec un arrêt maladie de huit jours. Elle porte aussitôt plainte au commissariat et envoie une lettre au procureur. « J'ai porté plainte, c'est une preuve de courage. Il y a une autre femme qui a été mordue dans le quartier. Le propriétaire du chien lui a proposé de payer ses frais. Du coup, elle n'a pas osé porter plainte », ajoute-t-elle. « Le même chien m'a de nouveau mordue »

L'affaire a finalement été présentée devant le tribunal de grande instance de Beauvais le 19 janvier 1999. « Le propriétaire ne s'est même pas déplacé », commente Louise. Le jeune homme a été condamné à verser 3 000 F de dommages et intérêts au motif de divagation d'animal dangereux. L'histoire aurait pu en rester là mais, en mars 1999, Louise est attaquée à nouveau. « J'étais partie distribuer des prospectus avec mon fils et j'ai emprunté le sentier qui mène à mon appartement. Et le même chien m'a mordue », s'indigne Louise. Elle a cette fois encore déposé plainte et cette nouvelle affaire est venue devant le tribunal. L'audience s'est soldée par de nouveaux dommages et intérêts à hauteur de 1 500 F. « Aujourd'hui, malgré mes démarches, je n'ai toujours rien reçu », précise-t-elle. Après ces deux expériences traumatisantes, Louise évite soigneusement de s'approcher de la cour où, d'après elle, vit encore le féroce animal qui a une dent contre elle. Et surtout elle aimerait bien que la nouvelle loi en vigueur permette d'améliorer son quotidien.
J.C., Le Parisien, 19 janvier 2000

CHIENS D'ATTAQUE ET CASTRATION

Un propriétaire de staffordshire terrier a été contrôlé, hier, par les policiers de Colmar. Le jeune homme avait un casier
judiciaire et ne pouvait donc pas posséder de chien d'attaque. En outre, son animal ne portait pas de muselière et n'avait pas été stérilisé. Une obligation en France. Le jeune homme avait pris un rendez-vous auprès d'un vétérinaire, pour mercredi, afin de stériliser son chien. En outre, un transfert de propriété de l'animal était en cours. L'actuel propriétaire s'est donc vu remettre une obligation de se mettre en conformité avec la loi dans les 15 jours sous peine de poursuites. Cette première interpellation pour un chien d'attaque non stérilisé sera sans doute suivie d'autres. « Nous serons particulièrement vigilants » prévient cet officier de police. Pour l'heure, bien des propriétaires de chiens d'attaque viennent s'informer auprès des vétérinaires. « La castration les inquiète. Mais les mâles deviennent moins agressifs et l'opération des femelles permet d'éviter toute une série de maladies » rassure ce vétérinaire de Colmar qui a déjà opéré trois chiens la semaine dernière et deux autres hier. Ce vétérinaire suit une centaine de chiens considérés comme dangereux. « La plupart des propriétaires ont envie de se mettre en conformité avec la loi. Ce sont des gens qui s'occupent bien de leur animal » souligne le vétérinaire avant de s'inquiéter du devenir des chiens saisis. Toute cession ou vente étant interdite. « Cette situation est aberrante. Je ne suis pas un fou de la seringue. Nous avons réussi à sauver un animal très gentil qui avait été retiré à son propriétaire mineur et placé à la SPA. Il nous reste encore à sauver un chiot né avant l'application de la loi ».

J.F.C., © Dernières Nouvelles D'Alsace, Vendredi 7 Janvier 2000

 

 

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