a
condition animale
Les chiens et la Loi
Plus d'une
centaine d'ouvrages résumés traitant des chiens, de comportement ou de la
relation homme / animal


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Éthique, esthétique et éthologique
Le maire de Meaux a décidé le 2 septembre d'interdire «la présence de
Pit-bulls, American staffordshires, Rottweilers ou leurs croisements (...) même muselés
et tenus en laisse » dans les lieux fréquentés par des enfants, «sous peine
d'une amende de 1000 à 1O 000 F». Les Hommes (personnes âgées et enfants
principalement) comme les chiens sont victimes de la "vogue Pit-bull".
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Début août à Villepinte (Seine Saint-Denis), deux Pit-bulls s'attaquent à un voisin,
lui arrachant l'oreille, le blessant à l'avant-bras et au côté.
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Non loin de là, dans une cité de La Courneuve, le bras d'une fillette de treize ans
est broyé par un Rottweiler de 53 kilos.
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Plus dramatique, hélas: fin mai, près de Verdun dans la Meuse, alors qu'il dormait sur
le canapé, un bébé de deux mois est tué par deux terriers.
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Fin août, un suspect lâche son chien sur un agent de la brigade anticriminalité de La
Ciotat (Bouches-du-Rhône): mise en examen du voleur et euthanasie du chien. En
Seine-Saint Denis encore, un vieillard est grièvement blessé : les deux Pit bulls sont
"piqués" à la SPA.
Pour ou contre la mise au banc de ces chiens jugés agressifs et dangereux pour autrui
? L'euthanasie de ces animaux en cas de coup dur?
En 1994, le maire de Gennevilliers avait déjà défrayé la chronique en interdisant «la
présence et la circulation de Pit bulls» par arrêtés municipaux. Pour ou contre
sur le plan juridique? Le projet de Loi Vasseur du printemps dernier abordait la question.
Mais nombre de propositions de loi, plus variées ou plus sévères les unes que les
autres, ont également vu le jour en moins d'un an, certaines tenant la route
juridiquement, pratiquement, socialement ou scientifiquement, d'autres beaucoup moins.
Certaines ont une source plus démagogique que réaliste. Et nos parlementaires d'avancer
des mesures - « de mise hors la loi», «d'interdiction» ou « de
réglementation» - concernant «la sélection»,«la détention» ,«l'élevage,
«le trafic « ou encore «l'importation..... des « chiens dangereux «, des
«chiens d'attaque ou plus subtilement encore « des animaux de race canine
susceptibles de présenter un danger pour les personnes «, quand d'autres citent sans
hésiter les «Pit-bulls «.
Quelle est donc cette "race" perdue mais sans collier, sans nom déposé? En
quelques mois a surgi un véritable phénomène de société. Alors, on en parle plus,
même si cela existait déjà. Mise en examen, responsabilité civile, expulsion des HLM
pour les locataires-maitres, euthanasie de chiens, dressage inopportun, avec ou sans
laisse... Au delà de l'antique risque de contamina tion par la rage, les praticiens sont
tous les jours confrontés à ce genre de situation: griffades de chat, coup de bec de
perroquet ou morsures vives de caniche! Mais la question a pris une tournure d'ordre
moral et non plus simplement physique ou infectieux. Quelles attitudes avoir ? Quels
conseils prodiguer?
Simple problème de banlieue entretenu par les médias ? Non, le sujet prête à une
discussion plus vaste. Les chiffres de la SCC sont révélateurs (voir La Semaine
Vétérinaire n° 862 bis, p. 4): le Rottweiler et le Berger belge sont
entrés il y a à peine trois ans dans le top ten des dix races les plus inscrites
au LOF, sans compter le nombre de croisements difficiles à estimer. L'engouement est là.
Au point que les demandes en "paillettes" d'insémination suscitent bien des
interrogations aux responsables des centres canins d'IA, Cerca-Mfort ou Cer-rec-Lyon!
Les producteurs de produits multivitaminés, oligoalimentés ou pluriminéralisés le
confirment aussi : les échantillons partent comme des petits pains en "expos
canines", à la demande des propriétaires de ces chiens de rings, de rues ou
d'arrière-cours.
Nos confrères britanniques ont été confrontés avant nous à cette situation en
réfléchissant autour du projet gouvernemental "Dangerous Dogs Act" (Voir
eurovet n° 683 et n° 736). Leur prise en compte de longue date des
aspects comportementaux et de la protection animale dans leur exercice professionnel y est
pour beaucoup. L'avènement de l'éthologie dans la pratique vétérinaire quotidienne
jouera-t-elle comme l'écologie aiguillonne l'industrie ou comme le "bio" tente
de s'implanter en productions animales ? Ce n'est pas une alternative mais une
"approche complémentaire". A moins que la zootechnie reprenne le dessus sur la
médecine et la chirurgie?
Laurent JESSENNE semaine veterinaire 1998
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