LA
PLACE DE L'ANIMAL DE COMPAGNIE DANS NOTRE SOCIETE
Les présomptions archéologiques de la domestication des animaux (environ 30.000 ans
avant Jésus-Christ) témoignent d'une volonté précoce, chez l'homme, d'agir sur le
monde animal pour en sélectionner et retenir les espèces les mieux adaptées à ses
besoins.
On est passé peu à peu de l'animal sauvage à l'animal domestique puis familier -ou
de compagnie-. En fait, les animaux domestiques se distinguent des animaux de compagnie
dans la mesure où ces derniers ne présentent pas -ou ne devraient pas présenter- une
utilité commerciale directe. Ainsi, les animaux de trait (boeuf, mulet, âne,
éléphant...), les animaux élevés pour être consommés ou pour les denrées qu'ils
produisent (vache, boeuf, chèvre, porc, poule, canard, lapin, truite...) et les animaux
élevés en captivité pour la chasse (furet...) ne sont pas couramment considérés comme
" animal de compagnie ".
Cependant la notion d'utilité n'est pas exclue. Ainsi, de l'animal domestique à
l'animal familier, il s'agit moins d'une transition nette et clairement définie que d'une
gradation dans ses relations affectives avec l'homme.
S'accorder sur une définition de l'animal de compagnie est une tâche ardue,
notamment lorsqu'il s'agit de le distinguer de l'animal familier.
Le statut d'animal de compagnie relève de la volonté de l'Homme, d'une part, de
confiner l'animal à des rôles limités, qui consistent à être là, à paraître, à
être contraint et subordonné aux exigences du maître et, d'autre part, de modeler les
caractéristiques spécifiques de l'animal afin qu'il acquiert une morphologie, une
anatomie, une physiologie, des comportements et des processus d'adaptation qui soient
conformes à de telles exigences.
L'animal familier, lui, doit être considéré comme un être qui fait partie du groupe
humain au sein duquel il vit, et donc comme un être qui accepte, établit et développe
une relation avec l'Homme. A ce titre, il participe à l'équilibre de l'homme et fait
ainsi partie intégrante de son environnement quotidien. Il a des aptitudes particulières
aux relations familières, comme celles qu'entretiennent les membres d'une même famille
les uns avec les autres.
La situation est paradoxale. Il existe entre les différents concepts qui renvoient à
l'animal une complexité d'acception qui tranche avec sa présence évidente aux côtés
de l'homme. A priori, chacun sait ce que désigne un " animal de compagnie ". En
revanche, plus floues apparaissent les perceptions de sa véritable place dans la
société humaine.
L'animal de compagnie représente un phénomène notable dans la société française,
avec un taux de possession par habitant parmi les plus élevés du monde. Cette présence
se traduit par un environnement législatif spécifique et une activité économique
diversifiée. Des milliers d'emplois dépendent directement ou indirectement de cet "
acteur " de la vie sociale.
Mais, cette vision statique de l'animal de compagnie ne saurait suffire à présenter
la richesse des bénéfices qu'il apporte à ses maîtres. Encore négligés et ignorés
il y a trente ans, les différents apports de l'animal à l'homme commencent aujourd'hui
à être mieux connus et partagés.
Sans nul doute, une meilleure connaissance de ces bénéfices par un plus grand public
permettra dans les années à venir de vivre au mieux ces relations interspécifiques hors
du commun.
La place de l'animal de compagnie dans notre société peut être appréhendée sous
deux aspects : le premier porte sur l'importance de l'animal de compagnie dans l'économie
française ; le second a trait aux apports essentiels de l'animal de compagnie à l'homme.
Préambule de la loi sur les chiens dangereux - 1999 -

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