QUELQUES REPÈRES
HISTORIQUES.
2500 avant J.-C : utilisation de chiens de
guerre par les Sumériens pour envahir la Mésopotamie. C'était des
molosses, au cou hérissé de pointes tranchantes et acérées.
581 avant J.-C : dans la Grèce antique, on
confiait aux chiens la garde des temples et des forteresses.
Soter et quarante-neuf de ses congénères défendirent les
glacis de Corinthe (1). Au
mois de mai 581 avant J.C. les habitants de Nauplie profitèrent de la
célébration des fêtes d’Aphrodite pour lancer une attaque surprise.
Les libations avaient affaibli la vigilance de la population. Les
aboiements des chiens restèrent vains, alors ils se jetèrent contre
les agresseurs et beaucoup tombèrent, percés de flèches. Les vaillants
combattants à quatre pattes allaient être vaincus quand Soter "comprit
que seuls les soldats pouvaient stopper les envahisseurs". Il courut
vers la ville et réussit à secouer les habitants de leur torpeur,
l'ennemi fut repoussé et la cité sauvée. Soter fut porté en triomphe
et les Corinthiens lui offrirent un collier d'argent et la
municipalité décida de pourvoir à ses besoins jusqu'à sa mort. Soter
signifie en grec : sauveur, la légende dit qu'il serait l'ancêtre du
dogue actuel.
486 avant J.-C : Plutarque relate l'histoire de
l'un d'entre eux qui, après une poursuite de 21 milles a réussi à
capturer un homme qui avait commis un vol sacrilège dans le temple
d'Aphrodite.
390 avant J.-C : à Rome par contre, les chiens
de garde manquèrent à leur devoir. Sans doute affaiblis par le
rationnement des vivres, lors du siège de la cité par les Gaulois, ils
laissèrent aux oies, consacrées à Junon, l'honneur de sauver le
Capitole.
Malgré cela les Romains continuaient à confier la
protection de leurs biens aux chiens. Ce rôle a été immortalisé par la
locution latine "cave canem" (prends garde au chien) retrouvée sur une
mosaïque de Pompeï.
IIe siècle avant J.-C : les premières
courses de Lévriers en Gaule sont décrites par l'auteur romain Arrien.
A la même époque, Virgile dans un de ses textes décrit
et explique le rôle des chiens de bergers ’’Ils portent des colliers
aux pointes acérées, on leurs coupe la queue et les oreilles, afin
d’offrir moins de prises aux prédateurs : les loups. Ils sont à la
fois gardiens et défenseurs des troupeaux.’’
1155 à 1770 : Les habitants de Saint-Malo
confièrent, pendant six siècles, la surveillance de la citadelle à
des sentinelles à quatre pattes. (2)
Au XIVe siècle : Gaston Phoebus,
comte de Foix, décrit toutes les races de chiens de chasse de
l'époque, la façon de les croiser, de les élever et de les dresser,
dans son célèbre traité de chasse : LE MIROIR DE PHOEBUS.
C'est à cette période, du fait de l'apparition des
armes à feu, que les chiens de guerre disparurent pour reprendre du
service à la fin du XIXe siècle ( vers 1870) sous une toute autre
forme.
1576 : traité de cynologie sur les chiens de
berger, ouvrage réalisé à la demande de la reine Élisabeth 1er
d'Angleterre. Dans ce traité, le chien de berger est décrit comme
étant un animal "qui au son de la voix, sur un geste de son maître ou
sur un sifflement fait revenir les brebis exactement à l'endroit voulu
par le berger."
Au XVIIIe siècle : apparition des
premiers chiens guides d'aveugles accompagnant dans les rues de Paris
les pensionnaires d'une institution pour aveugles.(3)
1882 : fondation de la Société Centrale Canine
pour l’amélioration des races de chiens.
1886 : création officielle des chiens de guerre
dans l'armée Prussienne. les fonctions de ces chiens étaient :
-
estafettes.
-
chiens de guet.
-
secouristes.
1898 : THORNDIKE E.L.
publie : « animal intelligence : an experimental study of the
associative process in animals. » Loi de
l’effet Thorndike.
1908 : première course de chiens de traîneaux,
en Alaska, sur une boucle de 650 km (The All Alaskan Sweepstake).
1911 : création de la première Brigade Cynophile
Parisienne de Sauvetage et d'intervention, comprenant 33 chiens dont 7
Terre-Neuve.
1ere Guerre
Mondiale : on voit apparaître les "chiens-soldats".
- chiens sanitaires
- chiens de patrouilles
- chiens de liaisons
- chiens de sentinelles, de ronde
- chiens de traits
- chiens de pistage
- chiens ratiers (dans les tranchés)
1915 : création officielle du service des chiens
de guerre dans l'armée Française.
1916 : bilan cette année-là pour les chiens
brancardiers : 31.000 blessés Allemands sauvés sur le front Est.
1917 : Création et prise
en charge de chenils spécialisés par l'armée française (19ème Escadron
du train des équipages de la 50ème compagnie) dont un pour les chiens
guides d'aveugles de guerre.
1932 : édition de « The behaviour of Organisme »
par B.F. S. SKINNER.
Seconde guerre mondiale : les Alliés mobilisent
80.000 chiens-soldats, et les Allemands 500.000. On voit apparaître le
chien détecteur de mines.
1940 : "invention" des chiens catastrophe par
les anglais. La police de Londres les utilisait pour rechercher les
victimes ensevelies lors des bombardements.(4)
1943 : création des premières équipes cynophiles
de la Gendarmerie Nationale.
1953 : TINBERGEN publie
La vie Sociale des Animaux.
1956 : apparition, en France, des premiers
chiens d'avalanche.
1965 : publication de l’ouvrage de K. LORENZ
intitulé : EVOLUTION ET MODIFICATION DU COMPORTEMENT.
1968 : l’armée Américaine dresse, pour le
Viêt-nam, des chiens limiers conditionnés à suivre à distance, dans la
jungle, le Viêt-cong dans le but de découvrir leur campement. Les
chiens devaient rester à 100 mètres de l’ennemi pisté.(5)
1970 : apparition aux États-Unis des premiers
chiens pour Handicapés et début de la Pet-therapy au Canada.
1973 : K.LORENZ et TIMBERGEN reçoivent le prix
Nobel.
1978 : premiers chiens pour sourds (American
Humane Association de Denver).
première compétition d'Agility Dog à Londres
lors du Crufts Show.
1979 : premier stage de formation de chiens de
décombres à Briançon.
1985 : réapparition des Terre-Neuve et premier
stage en Bretagne par la toute nouvelle Fédération Nationale des
Chiens-Sauveteurs Nautiques
1994 : les femelles sont admises à concourir en
ring, mais après que les épreuves concernant les mâles soient
terminées.
Les techniques de dressage évoluèrent lentement au fil
des siècles et restèrent empiriques. Ce n'est qu'avec les publications
de LORENTZ et TIMBERGEN, puis de SKINNER, sur le comportement animal
que les méthodes vont s'affiner et permettre un dressage à des taches
de plus en plus diversifiées. On assiste à l'ouverture de centres de
dressage par les différentes administrations (Armée, Gendarmerie,
Police, Douanes...). La S.C.C. (Société Centrale Canine), crée en
1892, va permettre aux civils d'accéder à une nouvelle activité,
l'élevage de chiens de race et à un nouveau loisir le dressage. Cette
honorable société va s'approprier le monde canin, limité d'abord aux
propriétaires de chiens de race, puis aux chiens sans papier, en
ouvrant les clubs et en créant pour ce faire, des séances de dressage
à l'obéissance de base. Il est permis de se demander si cette démarche
a été faite dans l'intérêt du chien ou pour le potentiel financier
que représentait les sans - papiers. Un nouveau pas est franchi par
les clubs maintenant puisque ces mêmes séances sont présentées comme
une thérapie comportementale pour les chiens à problèmes.
Extrait du Mémoire "Le dressage du
chien" Jean-Marc Graff - 1997
1 -
FIORENZO FIORONE et coll. L’encyclopédie du chien,
1970 DVE.
2 -
FIORENZO FIORONE et Coll. L'Encyclopédie du Chien,
1970 DVE
3 -
C. SACASE, Les métiers de chien, 1994 EDITION DU
FELIN
4 -
ETHO NEWS N°66 Mai 1994
5 -
ROBERT LUBOW, Les animaux dressés pour la guerre,
1977 BELFOND
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